Il y a quelques temps, je suis allée à Paris afin de revoir l’équipe Good Goût et leur petits plats bios et sains pour nos enfants. Dans le cadre de cette journée d’échange, nous avons eu le matin une intervention très intéressante d’Anthony Fardet, chercheur en nutrition à l’INRA. De quoi bouleverser quelque peu l’approche nutritionnelle de l’équilibre alimentaire et ouvrir d’autres perceptives.

Une autre façon de classer les aliments !

Dans la nutrition actuelle, les aliments sont classés selon leurs apports nutritionnels : protéines, lipides, glucides, fibres, vitamines et minéraux. Et l’alimentation doit répondre aux besoins nutritionnels de chaque individu. Ainsi, on se retrouve avec des recommandations générales comme « il faut manger 3 produits laitiers par jours pour avoir un bon apport en calcium », etc. Bien entendu, le choix de l’aliment est également important : chaque produit laitier n’a pas le même apport. Je pense que tout le monde a en tête la fameuse pyramide des aliments.

Mais avec l’industrie alimentaire et les avancées technologiques, on retrouve énormément d’aliments qui sont loin de ce qu’ils étaient « avant ». Les céréales et les sucres deviennent raffinés, les fruits sont transformés en poudre pour être ensuite reconditionnés pour faire des jus, sans parler des biscuits, boissons, plats composés dont on ne comprend pas la moitié des ingrédients mais que le marketing nous fait acheté comme des petits pains, parfois même sous couvert d’aliment-santé… Et sur tout cela, les retours scientifiques commencent à arriver (l consommation des aliments industriels est fortement lié aux maladies nutritionnelles)  et un nouveau schéma nutritionnel se créé, finalement très logique à mes yeux quant à la sur-consommation actuelle de produits ultra-transformés.

D’ailleurs Anthony Fardet travaille en collaboration avec des chercheurs brésiliens ce qui lui permet de fonder ses dires, de mettre en place une pyramide technologique des aliments et de promouvoir des conseils permettant de manger mieux.

L’idée principale est de revenir à une alimentation sans produits ultra-transformés ou presque. Par produit ultra-transformé, on entend les produits artificiels, produits par l’homme, souvent composés de plus de 5 ingrédients, avec un packaging attractif. Une des études scientifiques menées démontre que si plus de 13% des calories consommés par l’homme proviennent d’aliments ultra-transformés , l’obésité augmente. Il ne s’agit donc pas de prendre uniquement la quantité de calories consommées, mais également de la qualité.

On différencie les aliments selon 3 catégories :

  • les aliments : une pomme, le blé, la salade, l’oeuf, les légumes secs, les graines oléagineuses … à consommer sans modération
  • les aliments peu transformés : la compote (on reconnait facilement les ingrédients), la sauce tomate (bien que là, étudier les ingrédients serait intéressant !), l’huile d’olive (première pression à froid !) … que l’on peut consommer sans soucis. Il en est de même pour les petits plats et compotes pour bébé Good Goût composés uniquement de l’essentiel avec des ingrédients reconnaissables.
  • les aliments ultra-transformés : le jus de fruit reconstitué, la plupart des céréales pour petit déjeuner, les sodas…. à limiter fortement car toutes les transformations industrielles impactent la qualité nutritionnelle initiale, sans oublier tous les conservateurs et additifs ajoutés…

On parle alors d’alimentation préventive et holistique, prenant en compte l’effet matrice de la transformation des aliments, permettant alors de classer les aliments selon leur degré de transformation. Tout cela est un peu abrégé, car si j’entre trop dans les détails, je risquerai de m’y perdre (et de vous perdre aussi) alors si cette approche vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de découvrir l’ouvrage d’Anthony Fardet : Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai !

Manger VRAI, les 3 règles d’Anthony Fardet

Ainsi, pour protéger la santé humaine, les animaux et l’environnement, et pouvoir convenir au plus grand nombre, 3 règles ont été établies.

  1. Privilégier les calories d’origine végétales : les céréales complètes et les légumineuses qui sont sources de fibres, glucides complexes, de protéines… ainsi que les fruits à coques apportant de bonnes matières grasses, des fruits, des légumes …
    Et à l’inverse limiter à 3 portions par jour d’aliments sources de protéines animales (viande, poisson, œufs, produits laitiers, limiter crème et beurre…) ce qui devrait correspondre à max 15% des apports caloriques de la journée. On retrouve là un peu l’idée du régime fléxitarien.
  2. Limiter à max 2 produits par jour de produits ultra-transformés (soit 15% de l’apport calorique) : un verre de soda et une barre de chocolat et vous avez déjà le quota d’atteint.
  3. Parmi les aliments pas ou peu transformés faisant partie de ce nouvel équilibre alimentaire, les choisir de préférence BIO, Local, de saison et de les varier un maximum (les amandes n’ont pas les mêmes apports que les noix malgré un profil nutritionnel similaire).

Personnellement, ce mode alimentaire me parle beaucoup. Je suis déjà dans une démarche de manger mieux et plus sainement. Même si j’aurai du mal à passer outre les calories et l’analyse nutritionnelle des aliments, faire des bons choix selon le degré de transformation des aliments me parait tout à fait logique et fondé, mais également compatible avec la nutrition que je pratique actuellement. C’est aller encore un peu plus loin dans cette démarche et revenir à l’essentiel : se nourrir avec de vrais aliments.

Merci à l’équipe Good Goût pour la découverte de cette approche forte intéressante !

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